Samedi 05 septembre 2009 Ă  21h30

Lions love

Meshes of The Afternoon

de Maya Deren

Avec | Maya Deren, Alexander Hammid | Expérimental | 14 min | Noir et blanc

Un couple d'amants est confrontĂ© Ă  la mort du dĂ©sir dans ce thriller mĂ©taphysique travaillĂ© par les ombres et les lumiĂšres. Si cette expĂ©rience vous dĂ©passe, feignez d’en ĂȘtre l’organisateur.

Maya Deren a toujours voulu dĂ©velopper une forme d’art filmique proche de la danse, trouvant son origine dans les potentialitĂ©s de la camĂ©ra elle-mĂȘme, libĂ©rĂ©e de l’influence des autres langages (littĂ©rature, thĂ©Ăątre, arts plastiques). RĂ©alisĂ© dans les annĂ©es 40 avec son mari Alexander Hammid (Ă©galemenÂČt acteur et monteur), MESHES OF THE AFTERNOON reste son chef-d’oeuvre ainsi que l’une des grandes influences de David Lynch et de John Zorn. À noter que la bande-son de Teiji Ito n’a Ă©tĂ© ajoutĂ©e qu’en 1952 – Ă  l’origine, le film est muet.

BRUCE LABRUCE : « Je rends hommage à Maya Deren, la reine du cinéma avant-gardiste, dans mon dernier film, OTTO

Lions Love

de AgnĂšs Varda

Avec | Eddie Constantine, Jim Rado, Jerry Ragni, Peter Bogdanovich, Shirley Clarke | Fiction | 1969 | 110 min | Couleur

Shirley Clarke, cinĂ©aste de l’école new-yorkaise, vient Ă  Hollywood pour rĂ©aliser un film sur la citĂ© du cinĂ©ma. Elle est hĂ©bergĂ©e chez Viva, une vedette du cinĂ©ma underground qui vit avec deux autres acteurs qui jouĂšrent HAIR Ă  Broadway. Le trio vit dans l’oisivetĂ©, pendant que Shirley Clarke essuie les refus des producteurs...

DĂ©pourvu de scĂ©nario Ă  proprement parler, LIONS LOVE accorde aux acteurs une libertĂ© dans le discours et l’improvisation. AgnĂšs Varda dĂ©crit d’ailleurs son film comme un collage filmique de l’AmĂ©rique, son cinĂ©ma et sa tĂ©lĂ©vision : « J’ai jouĂ© le paradoxe hollywoodien, surenchĂ©ri sur le mythe de la star, avec maison de luxe, fleurs en plastique, piscine. » LIONS LOVE est aussi un film sur une gĂ©nĂ©ration post-hippie inadaptĂ©e et ceux qui essayent de prendre la place des autres.

BRUCE LABRUCE : « Je dois faire une confession : je n’ai jamais vu LIONS LOVE. Mais je suis un Ă©norme fan d’AgnĂšs Varda. Donc je profite de cette Carte Blanche comme une excuse pour le voir. Tel que je le comprends, ce film serait une rumination de Varda sur l’industrie hollywoodienne, potentiellement intrigante, et la prĂ©sence de stars comme les rĂ©alisateurs Peter Bogdanovich et Shirley Clarke ou encore l’extraordinaire star de Warhol, Viva, mariĂ©e Ă  l’époque au cinĂ©aste français Michel Auder, est excitante. J’ai hĂąte de le dĂ©couvrir. »