Maria Schneider, l’insoumuse
Thématique « Sois belle et tais-toi ! »
Partie 1 du 16 au 20 septembre 2026
Les séances Maria Schneider, l’insoumuse
Rebelle, mystérieuse, libre, vulnérable, insaisissable, insolente, lucide, transgressive, authentique.
Penser un hommage à Maria Schneider (1952-2011) pour les 15 ans de sa disparition suscite de nombreuses questions. Lui rendre honneur serait essayer de la raconter telle qu’elle était tout en interrogeant collectivement une certaine histoire du cinéma.
« Les gens m’ont identifiée à un personnage qui n’était pas moi. Ensuite, j’ai rencontré Antonioni, qui est plus proche de ce que je suis dans la vie ». Souvent réduite à un seul titre, Maria est devenue un obscur objet du désir.
Elle tenta, en vain, de dénoncer les manipulations, les dérives d’un système, le sexisme ordinaire. Au regard des conséquences qu’eût Le Dernier tango à Paris sur sa vie, elle déclara par la suite qu’elle refuserait ce rôle aujourd’hui. Pour cette raison, il ne sera pas projeté ici. En revanche, la notion des films dits « abîmés » sera, quant à elle, amplement abordée.
Dévoiler, qui plus est, cette rétrospective après la victoire de Nastassja Kinski face à Wim Wenders confirme son absolu nécessité. À défaut de supprimer des scènes, nous allons en convoquer de nouvelles, réinventer les imaginaires et proposer les images manquantes d’une filmographie riche de plus de 40 films.
Michelangelo Antonioni, René Clément, Jacques Rivette, sa nomination aux César aux côtés de Miou Miou, le grand Mehdi Charef, l’inspirante Nouchka van Brakel ou encore la rareté méconnue de Dominique Goult, incarnent cette programmation qui porte en son cœur une table ronde sur l’héritage de Maria Schneider à l’ère #metoo.
Elle vénérait Greta Garbo pour son ambiguïté, Anna Magnani pour sa force et Vivian Leigh pour sa fragilité. Maria était tout cela à la fois. « Je suis fière de faire partie de l’histoire du cinéma ».
Venez à sa rencontre.
— Justine Lévêque
Responsable de l’hommage à Maria Schneider