Avec « Gothique », du 26 novembre au 7 février, nous affirmons qu’il faut croire aux vampires ! Depuis Dracula et Frankenstein, figures tutélaires imaginées par Bram Stoker et Mary Shelley, le “gothique” hante le cinéma et les arts visuels. Mais que désigne ce genre mutant, qui convoque aussi bien les manoirs aux portes grinçantes que les rites occultes, les fantômes, les vampires, les loups-garous et autres créatures protéiformes sans cesse réinventées et réinterprétées ? Du muet à nos jours, des classiques de la Hammer jusqu’à l’elevated horror des studios A24, la quarantaine de films et les cours du vendredi proposés ici témoignent de la vivacité du genre.
Icônes gothiques
Guy Astic introduira ce programme avec un cours sur les origines littéraires du gothique, pour mieux décrypter les cryptes et leurs monstres échappés dans l'obscurité des salles. L’occasion de traverser quelques filmographies mythiques et la vie de celles et ceux qui les portèrent à l’écran. Car si le genre a ses totems et ses tabous, il a aussi ses visages intemporels : Christopher Lee, Boris Karloff, etc. L’un d’eux demeure sûrement l’incarnation la plus libre, sulfureuse et émancipatrice du gothique au féminin, en la personne de Barbara Steele. Nicolas Stanzick reviendra sur le parcours de cette comédienne auquel nous consacrons un week-end de projections.
Invitée d’honneur : Lucile Hadžihalilović
Depuis les années 1990, Lucile Hadžihalilović s’impose comme Reine - non pas des neiges, à l’image du conte d'Andersen qu’elle adapte en 2025 (La Tour de glace) - mais d’un certain fantastique français aux accents gothiques. Son cinéma réconcilie, par ses visions et sa plastique singulière, l’étrangeté et la beauté, souvent par le prisme d’une enfance troublée évoluant dans des espaces oniriques ou aliénants. L’occasion de (re)découvrir ses premières œuvres, Earwig et Innocence, mais aussi ses inspirations à travers deux cartes blanches. Une discussion avec la réalisatrice précédera ce week-end consacré à son travail.
Vous avez dit vampire ?
Inquiétant, séduisant, marginal ou flamboyant : depuis le Dracula de Bram Stoker, le vampire a connu des centaines d’incarnations au cinéma. Ce programme en propose un large échantillon, de la silhouette filiforme de Max Schreck (Nosferatu) à l’envoutant tandem formé par Brad Pitt et Tom Cruise (Entretien avec un vampire). Stella Louis reviendra dans un cours de cinéma sur ces multiples figures, et la façon dont leurs crocs luisants continuent d’interroger et de troubler nos certitudes face aux images.
Week-end Tim Burton / Guillermo del Toro
On ne présente plus ces deux maîtres de l’art gothique, dont l'œuvre incontournable s’est ramifiée en films, séries, clips, bande-dessinée et animation. L’occasion de redécouvrir certains de leurs classiques (Le Labyrinthe de Pan, Sleepy Hollow), mais aussi des inédits sur grand écran, en partenariat avec Netflix (Frankenstein, Pinocchio) ou des titres plus méconnus (Batman le défi, Cronos). Elsa Colombani introduira cette double-rétrospective par un cours sur la transgression chez Tim Burton, et la place souterraine qu’occupent l’amour et la sexualité dans son œuvre.
Modernités du gothique
Les années 2000 n’auront pas délaissé les fantômes du passé. Mélanie Boissonneau s’intéressera, dans son cours, aux héritier·ères du genre, en préambule d’une semaine consacrée à Robert Eggers, Jennifer Kent ou Ari Aster. Avec Sinners et Les Bêtes du Sud sauvage, notre panorama contemporain fera aussi la part belle aux manifestations récentes du Black Southern Gothic. Ce sous-genre plus méconnu conjugue les tropes du gothique sud-américain au poids de son passé ségrégationniste et raciste, et fera l’objet d’un cours de la chercheuse Hélène Charlery.
→ À venir : liste des séances.